Durcissement

Gabon : Les syndicalistes arrêtés ramenés à la DGR nuitamment, la CONASYSED sonne la mobilisation

Gabon : Les syndicalistes arrêtés ramenés à la DGR nuitamment, la CONASYSED sonne la mobilisation
Gabon : Les syndicalistes arrêtés ramenés à la DGR nuitamment, la CONASYSED sonne la mobilisation © 2026 D.R./Info241

La tension ne retombe pas dans le secteur de l’éducation au Gabon, sur fond de grève des enseignants du primaire et du secondaire et de crispation croissante entre syndicats et autorités. Interpellés lundi et mardi, Marcel Libama et Simon Ndong-Edzo, deux figures du mouvement syndical ayant apporté leur soutien à SOS Éducation, ont été reconduits à la Direction générale des recherches (DGR) dans la nuit de mardi à mercredi, après un passage au tribunal de Libreville, selon une mise au point de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (CONASYSED).

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Pour rappel, alors que les syndicalistes ont maintenu leur mot d’ordre de grève ce lundi, au grand dam du gouvernement, Marcel Libama a été arrêté lundi 19 janvier, tandis que Simon Ndong-Edzo a été interpellé mardi matin par les gendarmes de la DGR. Les deux responsables syndicaux seraient visés par une procédure pour trouble à l’ordre public, dans un contexte marqué par la poursuite du mouvement dans plusieurs établissements du pays.

« Nos leaders sont retournés à la DGR »

Dans une déclaration diffusée dans la nuit de mardi à mercredi sur les réseaux sociaux, Jules Bibang, président par intérim de la CONASYSED, a indiqué que les deux syndicalistes ont comparu devant un juge avant d’être ramenés à la DGR, où l’enquête doit se poursuivre.

La mise au point de la Conasysed

«  Nous annonçons à la communauté syndicale gabonaise que nous sortons présentement, à l’heure même où je vous parle, du tribunal. Marcel Libama, notre camarade. Simon Ndong-Edzo, notre camarade. Nos leaders sont retournés à la DGR pour certainement l’approfondissement de l’enquête  », a-t-il déclaré.

Le responsable syndical précise que la procédure n’est pas close et qu’une nouvelle étape est attendue dans les prochains jours. « Ils doivent revenir vendredi ici au tribunal  », a-t-il indiqué, appelant les enseignants et l’ensemble des organisations syndicales à rester mobilisés jusqu’à l’issue du dossier.

La CONASYSED conteste l’accusation de trouble à l’ordre public

Jules Bibang rejette par ailleurs les griefs retenus contre les deux responsables syndicaux, estimant qu’aucun élément ne permettrait de parler de trouble à l’ordre public.« Je pense que les motifs, en fait les griefs qui leur sont reprochés, c’est le trouble à l’ordre public. Or nous savons qu’aucun d’eux n’a troublé l’ordre public. L’assemblée générale des enseignants qui s’est tenue au terrain de basket ne s’était pas tenue sur la voie publique  », a-t-il insisté, soutenant que leurs actions relevaient d’un cadre interne et non d’une perturbation de l’espace public.

Pour faire pression, la CONASYSED appelle à une démonstration de solidarité en faveur des deux syndicalistes. « Nous vous invitons tous à vous mobiliser pour que nos leaders ne soient pas traités comme des orphelins », a lancé Jules Bibang, affirmant que Marcel Libama et Simon Ndong-Edzo seraient aujourd’hui en difficulté pour avoir soutenu le mouvement.

Un dossier sensible dans un climat politique scruté

Cette mobilisation s’annonce déterminante, alors que l’affaire pourrait désormais se déplacer sur le terrain judiciaire et durcir davantage le bras de fer entre l’État et les partenaires sociaux de l’éducation. Ces interpellations, que certains pensaient révolues après la chute du régime d’Ali Bongo, refont surface dans un contexte où les autorités entendent visiblement contenir la contestation sociale. Une séquence qui, pour les syndicats, traduit une volonté de fermeté à l’endroit de leaders accusés d’avoir prêté main-forte à SOS Éducation, à l’origine de la grève actuellement en cours.

@info241.com
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