Rappel à l’ordre

Libreville : le procureur général tire les oreilles des forces de l’ordre et siffle la fin de la récréation

Libreville : le procureur général tire les oreilles des forces de l’ordre et siffle la fin de la récréation
Libreville : le procureur général tire les oreilles des forces de l’ordre et siffle la fin de la récréation © 2026 D.R./Info241

Fin de la récréation pour les Officiers de police judiciaire (OPJ) indélicats. Ce jeudi 15 janvier, la salle d’apparat du palais de justice de Libreville a servi de cadre à une rencontre au sommet — et sous haute tension — convoquée par Eddy Minang. Le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville a réuni l’état-major de la police et de la gendarmerie nationales pour un recadrage ferme sur le respect des procédures et la protection des droits humains.

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C’est un véritable rappel à l’ordre républicain. Face à la multiplication des plaintes et des dérives constatées dans les unités d’enquête, Eddy Minang n’y est pas allé par quatre chemins. Lors de cette séance de travail, le haut magistrat a insisté sur trois axes prioritaires pour restaurer la crédibilité de la chaîne pénale. Au menu : la fin des dérives dans les procédures, le respect strict des droits humains et la clarification des compétences territoriales.

Cap sur Ntoum et respect de la hiérarchie judiciaire

Le premier point d’orgue de cette rencontre concernait l’organisation territoriale. Le Procureur Général a été clair : toutes les procédures émanant des unités des départements périphériques doivent désormais être impérativement transférées au parquet de Ntoum. « Je souhaiterais que toutes ces procédures soient dorénavant, à partir d’aujourd’hui, déférées au parquet de Ntoum », a-t-il ordonné, mettant fin aux flous juridictionnels.

Une vue des responsables de la gendarmerie et de la police

Sur le plan procédural, Eddy Minang a martelé un principe fondamental : l’indépendance de l’officier de police judiciaire (OPJ) vis-à-vis des ingérences extérieures. Il a rappelé qu’en matière pénale, les enquêteurs ne doivent recevoir d’ordres que du Procureur de la République. « Il est inconcevable... que vous receviez... des instructions provenant d’une autorité autre que le procureur », a-t-il insisté, dénonçant la pratique du "fait accompli" où les OPJ agissent avant de rendre compte.

Fin de l’ingérence dans les affaires civiles

Le magistrat s’est montré particulièrement virulent concernant une dérive courante : l’immixtion des forces de l’ordre dans des contentieux purement civils. Il a formellement interdit aux OPJ de se transformer en agents de recouvrement ou en juges de paix.

Photo de famille

« Vous savez mieux que moi que vous n’avez pas à prendre des dossiers liés au paiement de dettes, au paiement des loyers, au paiement des propriétés », a lancé le procureur général. Ces pratiques, qui voient certains officiers se substituer aux juges, doivent cesser immédiatement.

Gardes à vue abusives : tolérance zéro

Le dernier volet, et non des moindres, a porté sur le respect des droits humains et la gestion des gardes à vue. Elie Minong a dénoncé des situations inacceptables observées dans certaines unités, évoquant des détentions arbitraires durant « des jours, voire des semaines, ou même deux mois » sans que le parquet ne soit informé.

Il a rappelé l’obligation de garantir la dignité des gardés à vue, qui doivent être maintenus « en parfait état de nutrition et d’hygiène ». Ce recadrage musclé vise à restaurer l’intégrité des procédures judiciaires et à garantir aux citoyens une justice équitable, débarrassée des abus de pouvoir.

@info241.com
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