Gabon : Le gouvernement lève la suspension des Panthères, Aubameyang et Ecuele Manga réintégrés
La colère des autorités n’aura finalement duré que 12 jours. La Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT) a annoncé, ce lundi 12 janvie, la levée des mesures gouvernementales qui avaient frappé l’équipe nationale au lendemain de la CAN 2025 le 31 décembre dernier. Selon un communiqué de presse parvenu à la rédaction d’Info241, la suspension des Panthères et la mise à l’écart de Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga sont officiellement levées.
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Dans son communiqué, la FEGAFOOT précise que cette décision fait suite à une lettre du nouveau ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, invoquant l’urgence des prochaines échéances, à commencer par le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des nations 2027. La tutelle demande également à l’instance fédérale de « prendre les dispositions nécessaires » pour lui soumettre « toutes les modalités pratiques » liées au choix d’un nouveau staff technique.
La CAN 2025, détonateur d’une réaction politique
La séquence remonte à la phase de groupes de la CAN 2025, terminée sur un échec retentissant des Panthères, éliminées dès le premier tour et sans le moindre point au compteur. La sortie s’était achevée sur une défaite renversante, 3-2 face à la Côte d’Ivoire, après une avance gabonaise de deux buts, symbole d’une équipe incapables de tenir un résultat et d’une dynamique sportive déjà délabrée.
Le communiqué officiel
Le lendemain, les autorités avaient choisi une réponse brutale : suspension de l’équipe nationale « jusqu’à nouvel ordre », dissolution de l’encadrement technique et sanction individuelle ciblant Aubameyang et Ecuele Manga. Une décision à la fois disciplinaire et politique, présentée comme un électrochoc, mais qui avait surtout exposé la gestion du football à des arbitrages d’État, au détriment d’une gouvernance sportive autonome.
Une suspension aux contours larges
Sur le fond, cette suspension ne se limitait pas à un simple « gel » de l’équipe A : elle bloquait de facto toute projection sportive, tout calendrier de regroupement, et fragilisait l’image internationale du Gabon à un moment où la reconstruction devait se faire sur la durée. Elle plaçait aussi la FEGAFOOT face à une injonction paradoxale : assumer ses responsabilités, tout en étant court-circuitée par une décision d’autorité.
La mise à l’écart de deux cadres capitaines historiques – Aubameyang et Ecuele Manga– avait ajouté une dimension punitive et hautement symbolique. Au-delà des performances, c’est la question de la chaîne de responsabilité qui avait été posée : joueurs, staff, fédération, ou pilotage global d’un football national resté sans championnat solide et sans cadre technique stable.
La levée des mesures, sans réponse sur le fond
La décision annoncée ce 12 janvier marque un retour à la normale sur le papier : les Panthères ne sont plus suspendues et les deux joueurs ne sont plus officiellement écartés. La FEGAFOOT se félicite d’un « dénouement heureux », signe d’un apaisement institutionnel et d’un alignement avec l’agenda à venir, notamment la CAN 2027.
Mais cette marche arrière laisse entière la question centrale : qu’a produit, concrètement, la séquence de la suspension, au-delà de l’affichage ? En renvoyant désormais la FEGAFOOT à la sélection d’un nouveau staff technique, l’État semble refermer une parenthèse sans trancher les causes profondes de la débâcle : absence de continuité, crise de compétitions domestiques, fragilité de la préparation et gouvernance éclatée.
Prochaine étape : le nouveau staff, le vrai test
Le communiqué place désormais la fédération au pied du mur : elle doit présenter au ministre les options « pratiques » pour le choix du prochain encadrement. C’est là que se jouera la crédibilité de la relance : cahier des charges, méthode de recrutement, objectifs mesurables, articulation avec la formation et le championnat, et surtout clarification des responsabilités entre la tutelle et la FEGAFOOT.
Après la CAN 2025 et ses conséquences politiques, la reprise annoncée ne vaudra que si elle s’accompagne d’un cap lisible. Sans cela, la levée de suspension risque de n’être qu’un ajustement tactique dicté par le calendrier, plutôt qu’un tournant structurel pour sortir les Panthères de l’instabilité chronique.
@info241.com
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