Contre attaque

Face aux enseignants mécontents, le gouvernement gabonais lâche 3 000 régularisations et 300 postes

Face aux enseignants mécontents, le gouvernement gabonais lâche 3 000 régularisations et 300 postes
Face aux enseignants mécontents, le gouvernement gabonais lâche 3 000 régularisations et 300 postes © 2026 D.R./Info241

Le bras de fer se durcit mais les lignes bougent enfin. Ce samedi 10 janvier restera une journée charnière dans cette crise de l’école gabonaise. Alors que le gouvernement gabonais espérait désamorcer la crise par le paiement partiel des vacations entamé mercredi, la base enseignante a envoyé sabs surprise ce samedi une fin de non-recevoir cinglante. L’opération séduction a échoué, laissant place à une colère froide qui s’est exprimée lors des Assemblées Générales tenues à Libreville et en province.

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Réunis sous la bannière de la coalition S.O.S Éducation, les enseignants ont voté à l’unanimité la reconduction du mouvement de grève illimitée initié à la mi-décembre. Le message envoyé depuis les académies provinciales, notamment celle du Moyen-Ogooué, était sans équivoque : « C’est tout ou rien  ». Les enseignants, se disant lassés des promesses et des « mesurettes » comme les bons de caisse jugés humiliants, exigeaient des réponses structurelles sur leurs carrières et leurs conditions de travail avant toute reprise des cours.

300 postes et 3 000 régularisations : la réponse chiffrée de l’État

La réponse de l’Exécutif ne s’est pas fait attendre. Quelques heures seulement après ce vote de défiance, le gouvernement a réagi via un communiqué interministériel signé par Camélia Ntoutoume Leclercq (Éducation), Thierry Minko (Économie) et Laurence Mengue Me Nzoghe (Fonction Publique). Dans ce document, les autorités annoncent l’ouverture de travaux portant spécifiquement sur « l’octroi de 300 premiers postes budgétaires ». Cette mesure cible des profils prioritaires : « les sortants d’écoles, des professeurs de sciences et des enseignants bénévoles », reconnaissant ainsi la précarité de ces derniers.

Mais l’annonce la plus significative concerne la carrière des agents déjà en poste. Le gouvernement s’engage formellement sur « la régularisation de 3 000 situations administratives ». C’était le point de blocage principal, la source de la colère dénoncée par les syndicats. Ces décisions, précise le communiqué, s’inscrivent « dans le cadre préparatoire des travaux de la Commission Tripartite » et visent à répondre concrètement aux cahiers de charges des grévistes.

Un calendrier de crise accéléré et sous surveillance

Pour concrétiser ces promesses et éviter l’enlisement, un calendrier ultra-serré a été fixé. Dès ce dimanche 11 janvier 2026, une séance de travail réunira l’administration et les partenaires sociaux, dont S.O.S Éducation, pour une « harmonisation et une classification des priorités  ». Elle sera suivie, le lundi 12 janvier, par la reprise des travaux de la commission technique, avant un sommet décisif prévu le mardi 13 janvier 2026 : la réunion de la Commission Tripartite placée « sous la haute présidence du Vice-Président du Gouvernement ».

Le communiqué gouvernemental

Enfin, pour garantir la bonne exécution de ces engagements et rassurer les sceptiques, le gouvernement annonce qu’une « commission de suivi et d’évaluation sera mise en place afin d’assurer un point mensuel » sur l’avancée des dossiers. Avec ces annonces substantielles, les autorités espèrent avoir fait le pas décisif vers la sortie de crise. La balle est désormais dans le camp des enseignants, qui devront décider ce dimanche si ces garanties écrites suffisent à rouvrir les portes des classes dès lundi.

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